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Marché du livre numérique : de la place pour une révolution

En France, à l’heure où j’écris ses lignes, le différentiel de prix moyen entre un ouvrage papier et son équivalent numérique est de 21%. Aux USA, ce différentiel est supérieur à 50%; en Allemagne et en Angleterre il dépasse les 40%.
Et dans le cas de la France, ce différentiel de 21% ne tient que si l’on n’intègre pas la comparaison livre de poche/ebook faite ci-dessous – à titre d’exemple – pour L’ultime secret … mais passons sur ce point de « détail ».

Fnac.com/Amazon.fr – Ouvrage :  Hunger Games (fr) – Papier : 17,01€ livraison incluse – Téléchargement : 14,99€ – soit 2,02€ de différence (-11,87%).
Fnac.com – Ouvrage :  L’ultime secret – Papier (grand format) : 21,38€ livraison incluse – Téléchargement : 15,99€ – soit 5,39€ de différence (-25,2%).
Fnac.com – Ouvrage :  L’ultime secret – Papier (poche) : 5,70€ livraison incluse – Téléchargement : 15,99€ – soit 10.29€ de différence (+180%).

Alors, à qui la faute ?  Comment, et qui,  se réparti le prix d’un livre papier aujourd’hui ?

Source : Union Presse, 25 février 2012

Bien que les chiffres varient quelque peu d’une source à l’autre, les grandes lignes restent semblables.

  • Détaillant : 35%
  • L’éditeur (relecture, correction, mise en forme, marketing, promotion, presse, vente de droits) : 21,5%
  • Diffuseur et Distributeur (appartenant généralement à la maison d’édition) : 18%
  • L’auteur, seul élément totalement indispensable, récupère autour de 10% (8% jusqu’à 15000 exemplaires vendus)
  • L’imprimeur : 10%
  • L’Etat (tva) : 5.5%

Dans le cas d’un livre numérique on oublie l’imprimeur, et le détaillant/diffuseur/distributeur est réduit à un serveur web, un site internet et une base de donnée. Bien sur il faut bien financer l’hébergement, la bande passante et la vie du site. Comptons donc la part de l’imprimeur + 3%. Reste encore 50%. Tiens, c’est justement la différence de prix entre un livre numérique et son équivalent papier aux USA…

De là à dire que les maisons d’édition et les détaillants se font plaisir.. il n’y a qu’un pas, que nous ne franchirons pas; car en France ce sont les éditeurs qui fixent les prix des livres numériques. Comme le dit fort justement l’auteur de ce billet, les éditeurs n’ont rien appris du comportement des majors de la musique. En freinant l’arrivée du livre numérique par des prix prohibitifs alors que les supports sont déjà là et en tentant d’interdire par la voie des DRM toute lecture d’un ouvrage hors de leurs liseuses, ils ne récolterons que la banalisation du piratage.

L’avènement du livre numérique force les éditeurs à faire évoluer une partie de leur métier, mais l’explosion prochaine du volume d’ouvrages disponibles à peu de frais leur offre la possibilité de se rapprocher de leurs lecteurs. L’augmentation de l’offre ne verra pas une augmentation similaire de la qualité moyenne des livres, les éditeurs ont donc l’opportunité de se transformer en aiguilleurs du ciel numérique, offrant par leurs catalogues et les compétences de leurs équipes un service GPS de premier ordre. La balle est dans leur camp, pour encore quelques temps.

Sur le même sujet : Vendez tous les livres, même si certains ne le sont qu’une fois.

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